Récit #1 d’une hibakusha : Tsuyo Kataoka

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Récit d’une survivante de la bombe atomique, afin de ne pas oublier les horreurs de la guerre et des armes nucléaires.

2015 est une année importante, pour le Japon mais aussi pour le monde entier puisqu’elle marquera le 2 Septembre prochain, les 70 ans de la fin de la Seconde Guerre Mondiale avec la signature de la capitulation du Japon. Mais 2015 c’est aussi un triste anniversaire puisque cela fera 70 ans que des bombes atomiques ont été larguées sur Hiroshima, le 6 Août, et Nagasaki, le 9 Août. Les Américains annoncent alors 150 000 morts dans ces deux villes avant que les Japonais ne constatent bien plus de victimes, conséquence des radiations. La ville d’Hiroshima déclare qu’il y aurait eu entre 130 000 et 150 000  décès recensés au 31 Décembre 1945 à cause de l’arme nucléaire. Pour qu’on n’oublie jamais ces victimes de la guerre, mais surtout pour qu’on n’oublie jamais les conséquences désastreuses du nucléaire, voici l’histoire de Tsuyo Kataoka, décédée à 93 ans le 30 Décembre dernier.

Tsuyo Kataoka avait 24 ans et se trouvait sur son lieu de travail à Nagasaki en ce jour fatidique du 9 Août 1945 et ignorait tout des évènements d’Hiroshima. Elle était employée chez Mitsubishi Heavy Industries Ltd., usine d’armements, à 1,3 km du point d’impact et a été irradiée sur certaines parties de son corps et notamment son visage.  Lorsqu’elle reprit conscience, elle s’est précipitée hors de l’usine et découvrit une ville à l’agonie, en feu,  des corps et des visages en sang, entendant les cris de parents à la recherche de leurs enfants. Elle-même partit à la recherche de sa famille et bien que sa maison fût en ruines, elle parvint à retrouver sa mère mais la bombe a tué 13 de ses proches. Soignée à l’hôpital, son état a empiré au point que Tsuyo Kataoka s’était trouvée dans un état critique, elle devint temporairement aveugle et durant près de 3 mois, elle fut incapable de marcher. Lorsqu’elle retrouva l’usage de ses jambes, elle réalisa alors enfin ce qui s’était passé et pleura. Elle devint alors une hibakusha, une victime de la bombe, marquée physiquement, entre autres souffrances endurées, par des chéloïdes sur le côté droit de son visage qui lui ôtent tout espoir de mariage, et psychologiquement puisqu’elle n’a cessé d’avoir despensées de suicide depuis. En effet, Tsuyo Kataoka n’a jamais cessé d’être révoltée contre ce qui s’était passé, mais ne parvenait pas à comprendre pourquoi ça s’était passé ni même pourquoi elle avait survécu. Fervente catholique, elle est parvenue à trouver un peu de réconfort et une raison à sa survie lorsqu’elle rencontra le Pape Jean-Paul II en 1981, lors de sa visite à Hiroshima, qui lui dit alors que « la guerre est l’œuvre de l’homme ». Depuis lors elle a consacré sa vie à témoigner en particulier auprès des jeunes dans tout le Japon, comme à l’étranger afin qu’ils n’oublient pas ce qui s’est passé. Elle s’est éteinte le30 Décembre 2014 d’une pneumonie. Espérons qu’elle ait finalement trouvé la paix.
Tsuyo Kataoka rencontre le photographe Shomei Tomatsu en 1961, lorsqu’il se décide à aller à Nagasaki pour montrer les dégâts matériels comme physiques et psychologiques, causés par Fat Man (NDLA :nom donné à la bombe larguée sur Nagasaki). Cette série de photographies est intitulée « 11:02 Nagasaki », en référence à l’heure à laquelle la bombe a explosé le 9 Août 1945 et a dévoilé à la face du monde toute l’horreur de la guerre nucléaire.
Crédit(s)photos : Shomei TOMATSU (source photo Asahi Shimbun) & HiroyoKANEKO (source photographe)

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