Irezumi, l’art du tatouage japonais s’expose à la Galerie Echo

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Si les musées doivent encore attendre quelques jours avant leur réouverture au public, les amoureux d’art peuvent se rendre dans les galeries depuis le 28 novembre. La Galerie Echo, anciennement Galerie &co119, propose ainsi une exposition sur le tatouage japonais jusqu’au 20 mars 2021.

Le tatouage au Japon, associé aux yakuza, demeure un tabou. Bien que le regard tend désormais à changer, principalement dans les grandes villes, il demeure toujours très difficile même pour les étrangers de pouvoir profiter de certains lieux, comme les onsen par exemple, en cas de tatouage. Dans certains hôtels, principalement ceux appartenant à des Japonais, vous pouvez lire dans le règlement intérieur que certaines installations comme la piscine ou le spa est interdit d’accès à toute personne tatouée. Pourtant, il semble qu’autrefois et longtemps durant, le tatouage n’avait pas cette connotation négative et avait au contraire une vocation spirituelle puis artistique. D’après les informations communiquées par la Galerie Echo, « des statuettes funéraires et de fécondité de l’époque Jomon ont été retrouvées arborant des motifs sur le corps ». Le tatouage était également une coutume dans la population Aïnou. Durant l’époque Edo, et l’expansion de l’art des estampes sur bois, la tatouage se popularise au point que durant le XIXème siècle, « l’irezumi devient une mode en vogue parmi certains corps de métiers, comme les pompiers et les artisans ». Des futurs monarques, comme celui qui deviendra Georges V d’Angleterre ou encore celui qui deviendra le Tsar Nicolas II de Russie, se font tatouer à l’occasion d’un voyage au Japon.  Etonnamment, c’est à cette même période, au moment où le Japon s’ouvre au monde, que le tatouage devient un tabou. Il y a également une perception différente du tatouage entre Japon et Occident. Là où le tatouage est fait pour être montré, au Japon, c’est l’inverse, raison pour laquelle l’artisan-tatoueur ou horishi ne tatoue jamais au-delà du cou et des mains !

Irezumi, l’art du tatouage japonais propose de mieux saisir ces perceptions différentes et de comprendre ce qu’est le tatouage japonais à travers les œuvres de cinq photographes, japonais comme occidentaux. Les visiteurs peuvent ainsi découvrir ou parfois redécouvrir des œuvres de Achim DUCHOW, qui a vécu quelques années au Japon en côtoyant notamment yakuza et bosozoku, Irina IONESCO, qui à défaut de pouvoir photographier des femmes japonaises tatouées a pu capturer dans leur intimité des yakuza dans un onsen, Chloé JAFE, installée à Tôkyô depuis 2014 et qui y a rencontré un chef yakuza qu’elle a suivi au quotidien pendant six ans, Akimitsu TAKAGI, écrivain décédé en 1995 et qui avait pris de nombreuses photos du monde de l’irezumi dont il est passionné, et Hitomi WATANABE, qui a la fin des années 60 a suivi des marchands ambulants durant trois ans.

  • Irezumi, l’art du tatouage japonais à la Galerie Echo du 28 novembre 2020 au 20 mars 2021, 119 rue Vieille du Temple 75003 Paris. Ouverture de la galerie du mercredi au samedi de 12h à 19h, ouverture exceptionnelle les dimanches en décembre de 12h à 19h. Port du masque obligatoire, gel hydroalcoolique à disposition, la galerie pouvant accueillir 5 visiteurs à la fois.

Photo : Inochi Azukemasu © Chloé Jafé, Courtesy Akio Nagasawa Gallery

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