Sendai : échec du retour au nucléaire

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Le 11 août dernier, en dépit de l’opposition d’une majeure partie de la population, le réacteur n° 1 de la centrale nucléaire de Sendai, situé à plus de 1 000 km au sud-ouest de la capitale, a été réactivé. Premier réacteur à fonctionner de nouveau depuis l’arrêt de toutes les centrales en septembre 2013, suite à la catastrophe de Fukushima, le redémarrage a été interrompu 10 jours après en raison de problèmes techniques.

Un redémarrage dont des experts estimaient qu’il se confronterait à des difficultés, et cela malgré des nouvelles normes de sécurité bien plus importantes et l’approbation du NRA, l’autorité de régulation du nucléaire japonais, pour se faire. En effet, le réacteur n°1 a de nouveau été arrêté en raison d’un mauvais fonctionnement du système de refroidissement, provoqué, selon des ingénieurs de Kyushu Electric Power, compagnie propriétaire de la centrale, par l’infiltration d’eau de mer dans une des pompes du système de refroidissement. De quoi rassurer les nombreux habitants du pays, hostiles en majorité, à 57% d’après un sondage réalisé début août par le quotidien Mainichi Shimbun, à la relance des centrales nucléaires.

Ces derniers ont manifesté à plusieurs reprises contre le nucléaire depuis 2014. L’une des plus importantes de ces protestations avait eu lieu le 30 août et avait rassemblé entre quelques dizaines de milliers, pour la Police, et 120 000 manifestants, d’après les organisateurs, dans tout le pays. Finalement, à raison peut-être, puisqu’une des inquiétudes évoquées par les anti-nucléaires concerne les séismes. Or la centrale de Sendai se situe à 50 km du volcan Sakurajima et, ironie du sort, à peine quelques jours après le redémarrage du réacteur de Sendai, l’agence de météorologie du Japon a élevé le niveau d’alerte du volcan à 4 (sur une échelle de 1 à 5). Cette alerte a été élevée parce que l’activité sismique du mont Sakurajima a augmenté ces derniers temps, le niveau 4 signifiant que la population voisine doit se tenir prête à une éventuelle évacuation. Une activité volcanique croissante dans le pays ces dernières années, donnant un argument supplémentaire aux anti-nucléaires.

Et pourtant, le Japon a cruellement besoin d’énergie pour fournir l’électricité nécessaire pour tout le pays. Avant la catastrophe de 2011, près de 30% de l’énergie était fournie grâce au nucléaire et depuis l’arrêt de toutes les centrales, le Japon doit importer de nombreuses ressources, or ces dernières sont très polluantes (et coûteuses), empêchant le pays de se mettre aux normes du protocole de Kyoto. Le défi actuel pour le pays est donc de se tourner vers les énergies renouvelables, mais cela n’est prévu que pour 2030. En attendant, il est prévu que le réacteur n°2 redémarre au cours de ce mois.

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