Un regard sur La Bella Simonetta exposée à Tokyo !

La Bella Simonetta. Tel est le nom d’une œuvre de Sandro BOTTICELLI qui appartient depuis 1969 à la société Marubeni, et qui n’est pas sortie du Japon depuis lors ! La Bella Simonetta sort de sa cachette et a droit à une exposition intégralement consacrée à elle, à Tôkyô, jusqu’au 30 janvier.

Lors de notre récent voyage au Japon, nous avons eu le privilège de visiter l’exposition La Bella Simonetta, avec pour guide le directeur de la jeune Marubeni Gallery (inaugurée en novembre 2021) qui n’est autre que Tsutomu SUGIURA, le précédent président de la Maison de la Culture du Japon à Paris ! Ce dernier, qui a une longue carrière chez Marubeni, a consacré une grande partie de sa vie à étudier La Belle Simonetta et ce sont notamment ses recherches qu’il présente dans la galerie. C’est alors une exposition intégralement dédiée à cette œuvre, la muse qui est représentée, le contexte de son acquisition par Marubeni et les polémiques qui ont suivi mais aussi l’influence de cette muse sur l’Art. Depuis son acquisition par Marubeni, La Bella Simonetta de Sandro BOTTICELLI n’a été exposée que 8 fois, et seulement au Japon. Un trésor très bien gardé et on peut comprendre pourquoi. Si depuis sa création l’œuvre s’est retrouvée dans 5 pays différents en fonction de ses nouveaux acquéreurs, et a même confisquée par les Nazis durant la Seconde guerre mondiale, elle s’est finalement retrouvée aux enchères en 1967, ce qui a permis à une galerie anglaise d’en être propriétaire. C’est deux ans plus tard, que Marubeni chercha à se procurer l’œuvre auprès cette galerie. Cependant, l’arrivée de cette œuvre au Japon cause une polémique concernant l’authenticité de l’œuvre, dont le Yomiuri Shimbun fait écho le 6 octobre 1969. La vérité est rapidement établie par une déclaration du président de Sotherby’s en charge de la vente aux enchères de 1967, remettant les pendules à l’heure et confirmant qu’il s’agit bien d’un authentique portrait peint par BOTTICELLI. Il s’avère que ce fût beaucoup de bruit pour rien car cette polémique est née en raison d’une photographie du tableau utilisée dans le livre d’art consacré à BOTTICELLI par Lionello VENTURI publié en 1937 et des différences constatées entre l’œuvre acquise par Marubeni et la photographie de l’œuvre, prise entre deux restaurations dont les méthodes divergeaient. Au-delà de la quête d’authenticité d’une œuvre de BOTTICELLI, cette affaire démontre aussi comment Simonetta VESPUCCI continue à fasciner 500 ans après sa mort. C’est justement cette fascination qui est expliqué tout au long de cette exposition. La fascination qu’elle exerça autour d’elle, de son vivant comme après sa mort, intervenue alors qu’elle n’avait que 23 ans. Simonetta VESPUCCI, née CATTANEO, est née à Gênes (ou aux alentours) en Italie en 1453, issue d’une famille très fortunée. Jeune femme, Simonetta fit rapidement partie de l’entourage des frères Laurent et Julien de MEDICIS. On raconte qu’ils étaient amoureux d’elle. Ils ne sont pas les seuls puisque Sandro BOTTICELLI souhaitait être enterré aux pieds de Simonetta à sa mort ! C’est peu dire que la jeune femme était réputée dans toute l’Italie pour son incroyable beauté, répondant presque à tous les critères de beauté de l’époque, et au de-là de cet attribut, Simonetta était également charmante et délicate. Malgré sa courte existence, Simonetta VESPUCCI entre dans l’éternité en exerçant une profonde influence dans l’Art puisque BOTTICELLI peignit plusieurs tableaux la représentant. Il existe ainsi cinq autres portraits d’elle par le peintre, mais elle a aussi été représentée post mortem dans d’autres de ses chefs-d’œuvre tels que Le Printemps, la Naissance de Vénus ou encore Vénus et Mars. D’autres artistes l’ont représentée tels que Léonard de VINCI ou encore Piero di COSIMO. Encore à notre époque, soit plus de 500 ans après sa disparition, la belle Simonetta demeure une source d’inspiration à travers le monde entier, en attestent par exemple les œuvres de Rip CRONK ou d’Andy WARHOL. En 2000, le compositeur français Christian SCHITTENHELM a composé La Bella Simonetta pour sa comédie musicale consacrée à la vie de Léonard de VINCI, Da Vinci : les ailes de la lumière.

Foncez si vous vous trouvez à Tôkyô avant la fin de l’exposition ! S’il n’y a qu’une seule œuvre à voir, l’exposition est remplie de documents originaux ainsi que d’explications détaillées sur l’histoire de ce tableau, les différentes acquisitions de cette œuvre, l’histoire de Simonetta VESPUCCI et des indications précieuses pour repérer la muse de BOTTICELLI dans ses chefs-d’œuvre. Notez alors que si les cartels sont exclusivement en langue japonaise, des QR codes vous permettent de tomber sur la traduction de ceux-ci en anglais. Plus, il existe un catalogue de l’exposition bilingue japonais et anglais.

  • « La Bella Simonetta » jusqu’au 30 janvier 2023 à la Marubeni Gallery, 3ème étage du Marubeni Building, 1 Chome-4-2, Otemachi, Chiyoda-ku, Tokyo 100-8088, Japon. Entrée : 500 yens

Photo : extrait de l’exposition La Bella Simonetta, Marubeni Gallery ©Japan Exclusive

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