Quand la forme parle – Nouveaux courants architecturaux japonais à la MCJP !

Quelles sont les nouvelles tendances de l’architecture au Japon ? La forme définit-elle un propos ? Après avoir été présentée au FRAC Centre-Val-de-Loire jusqu’en septembre 2021, l’exposition Quand la forme parle. Nouveaux courants architecturaux japonais s’installe à la Maison de la Culture du Japon à Paris du 24 novembre 2021 au 19 février 2022.

En pleine bulle économique, le Japon s’est lâché, nous l’avions vu dans le secteur de la musique pop. Cela s’est reflété également dans l’architecture, à travers des « formes sculpturales extravagantes ».  Après l’éclatement de cette bulle, dans les années 1990, les architectes sont plus attentifs à leur environnement puis, après le terrible séisme de Hanshin-Awaji en 1995, à la communauté. Ce sentiment est encore plus renforcé après la triple catastrophe du 11 mars 2011. Après les expérimentations, vient donc le temps d’une autre ère, celle d’une architecture plus consciente de l’environnement et de la communauté qu’elle sert.

A la MCJP, vous déambulez à travers plus de 60 projets d’architectes (ou de cabinet d’architectes) japonais que ces projets soient pensés pour le Japon ou ailleurs dans le monde. Trois thèmes sont explorés ici : concevoir une architecture pour la communauté, forme et environnement, et un nouveau rapport public-privé. Si l’exposition avait initialement présentée au FRAC Centre-Val de Loire, elle devait ensuite être présentée également à Paris, à l’Asile Flottant (aussi connu sous le nom de péniche Louise-Catherine), péniche acquise par l’Armée du Salut en 1929 et rénovée par LE CORBUSIER pour héberger les plus démunis. Parmi les architectes travaillant pour LE CORBUSIER, il y avait l’architecte japonais Kunio MAEKAWA qui était chargé de ce projet. Hélas, l’Asile Flottant a coulé en 2018 en raison de la crue de la Seine, quelques mois avant l’exposition prévue. En 2019, l’ADAN, Architectural Design Association of Nippon, est chargé de la restauration. C’est pour toutes ces raisons que les visiteurs peuvent également voir le projet de l’Asile Flottant, avant de voir le résultat final prochainement Quai d’Austerlitz.

Voici un aperçu de cette exposition à travers 4 projets choisis :

Shigeki Maeda était présent au vernissage à la MCJP, ici, devant son projet Miyake Place ©Japan Exclusive

Shigeki MAEDA, Miyake Place : un projet pensé pour la communauté de Miyake, dans le département de Nara. Ce grand bâtiment tente de répondre à la crise démographique et sociétale en étant un complexe polyvalent et intergénérationnel ! Il est ouvert à tous, disposant de plusieurs espaces pour travailler, pour accueillir des enfants, ou encore une grande cuisine. Si cet espace est administré en journée, il est en auto-gestion par les habitants dès la fin de la journée jusqu’au soir.

Ryuichi ASHIZAWA, le son du vent : il s’agit d’une salle de musique et chapelle située dans le département de Shiga, donnant sur le lac Biwa. Cette salle fait partie de l’hôtel Setre Marina, et l’architecte l’a pensé comme un instrument de musique géant à disposition de la nature, à travers un système de 128 cordes (des câbles en acier) produisant des sons quand le vent s’infiltre.

Yu Momoeda, fenêtre sans fond ©Japan Exclusive

Yu MOMOEDA, Fenêtre sans fond : situé dans le département de Fukuoka, il s’agit d’un étonnant projet autour d’un élément dont le principe est simple. Le mur et la fenêtre ne font qu’un, la fenêtre faisant rentrer graduellement la lumière extérieure par rétractation ou agrandissement. Vous voulez de la lumière ? Vous tirez la fenêtre vers vous. Pour assombrir, vous poussez ! Le plus simple est probablement cette vidéo qui vous donne une idée plus précise de cette fenêtre sans fond.

Yuko Nagayama, Pavillon du Japon à l’Exposition Universelle de Dubaï ©Japan Exclusive

Yuko NAGAYAMA, Japan Pavillon Expo 2020 Dubaï : le Japon participant à cet évènement, le pays a son pavillon à l’Exposition Universelle qui se tient actuellement à Dubaï. Ces évènements sont l’occasion pour des pays de présenter leur culture et le meilleur de leurs savoir-faire et innovations, à travers une vitrine, un pavillon. Pour la façade du Pavillon du Japon à Dubaï, l’architecte a combiné deux motifs proches : les arabesques de l’art décoratif islamique et les asanoha, motifs géométriques typiquement japonais représentant des feuilles de chanvre. Pour rappel, le Japon est l’organisateur de la prochaine Exposition Universelle (Osaka Expo 2025).

Si l’exposition tend d’abord à s’adresser aux férus d’architecture, elle est incontournable pour tous ceux qui s’intéresseraient au sujet de près ou de loin, montrant à quoi peut ressembler la ville, les habitations comme les bureaux, de demain. Et comme le démontre cette exposition, cela vaut autant en milieu urbain que rural, au Japon même comme à l’étranger. Prenons Paris par exemple, il y a dernièrement de nombreux bâtiments ou lieux repensés par des architectes d’origine japonaise : la Seine Musicale par Shigeru BAN, le projet Mille arbres prévu Porte Maillot avec Sou FOUJIMOTO, la nouvelle Samaritaine par l’agence SANAA etc… Sans oublier le projet d’une maison individuelle en banlieue parisienne conçue par l’agence Mikan et exposée à la MCJP (maison G). A travers des maquettes, plans, photos, et parfois des vidéos ou un QR code à scanner pour visiter le site internet du projet en question, l’exposition est construite afin que le propos puisse être compréhensible pour le plus grand nombre. De même, les supports de l’exposition sont également pensées en prenant en compte les notions de durabilité et d’usages multiples. Dans le cadre d’une exposition, les œuvres sont parfois amenées à être transportées d’un pays à l’autre. Et dans ce cas présent, il fallait envoyer les projets architecturaux depuis le Japon. L’architecte et scénographe de l’exposition Shigeki MAEDA a ainsi conçu des boîtes de transport qui une fois dépliées, se transforment en support pour les œuvres, chaque boîte pouvant exposer deux projets ! Ces boîtes ont alors une autre fonction, cette fois pour le visiteur de l’exposition, qui peut observer deux projets similaires et de saisir les points communs et  les différences.  

  • Quand la forme parle – Nouveaux courants de l’architecure japonaise (1995 – 2020), du 24 novembre 2021 au 19 février 2022 à la Maison de la Culture du Japon à Paris, 101bis, quai Jacques Chirac 75015 Paris.
  • A ne pas manquer autour de l’exposition : Rencontre dans le cadre de l’exposition : Forme, création d’un lieu et structure, le 8 janvier 2022 avec Klaas de RYCKE, Yves MOREAU, Yo SHIMADA modéré par Shigeki MAEDA.
  • L’Asile Flottant : Quai d’Austerlitz 75013 Paris.

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