Love Songs célèbre l’Amour à travers la photographie à la MEP

Fin mars, préparez-vous à Love Songs, exposition collective de photographies, où seront présentées du 30 mars au 21 août 2022 des œuvres d’artistes renommés dont certains photographes japonais. Autour de cette exposition, la MEP introduira dans le Studio des artistes émergents, notamment Lovesody du photographe Motuyuki DAIFU à découvrir entre le 30 mars et le 12 juin 2022. Focus sur les artistes japonais exposés.

  • Love Songs :

La nouvelle exposition de la Maison Européenne de la Photographie ou MEP sera sous le signe de l’Amour avec un grand A ! A travers des œuvres de photographes variés, tous inspirés par le sentiment amoureux et réalisées entre 1950 à nos jours, Love Songs est un parcours inédit. Cette exposition est pensée à l’image des compilations de musique offerts à l’être aimé à une époque, mais il s’agit ici de compilations de photographies. Un parcours imaginé également en référence à l’œuvre d’une des photographes exposées ici, The Ballad of Sexual Dependencyde Nan GOLDIN. Ainsi, deux périodes sont définies : Face A, couvrant la période de 1950 à 2000 à découvrir sur les 2 étages principaux, et la Face B, pour la période allant de 2000 à aujourd’hui, à voir au 2ème étage. Dans la 1ère partie, on relève notamment des œuvres de Nobuyoshi ARAKI : Sentimental Journey publié en 1971 et Winter Journey entre 1989 et 1990. Sentimental Journey est un journal intime de son mariage mais marque surtout les vrais débuts de Nobuyoshi ARAKI comme photographe, tandis que Winter Journey est un journal intime du deuil puisqu’il s’agit de la mort de son épouse et muse.

Nobuyoshi Araki, 7 juillet 1971 de la série « Sentimental Journey » Collection MEP, Paris. Don de la société Dai Nippon Printing Co., Ltd. © Nobuyoshi Araki, courtesy Taka Ishii Gallery

Quelles que soient les polémiques passées et actuelles sur le photographe, ce dernier a clairement un impact dans l’art de la photographie en étant un des pionniers de la photographie de l’intime. Avec l’œuvre de Nan GOLDIN, l’œuvre de Nobuyoshi ARAKI constituent le point central de cette exposition. Autour de ces séries d’œuvres, sont exposés René GROEBLI avec L’Œil de l’amour publié, Larry CLARK avec Tulsa ou encore Hervé GUIBERT et Thierry.

RongRong&inri, Personal letters, 2000 © RongRong&inri

Côté Face B, ce sont des photographes plus contemporains qui sont exposés. Par exemple, le duo RongRong & inri. Le premier est un photographe chinois, la seconde est une photographe japonaise qui avaient chacun démarré leur carrière en solo. Ils se sont rencontrés en 1999 et sont tombés amoureux, bien qu’ils ne puissent parler la même langue, parvenant à une connexion grâce au langage photographique. Quand inri repart au Japon en 2000, ils s’écrivent sur les rebords des photographies qu’ils ont réalisés ensemble. Il en ressort Personal Letters, carnet intime du début de leur histoire d’amour et point de départ de leur collaboration professionnelle. C’est la première fois que cette série est exposée. Cette relation amoureuse et professionnelle résonne avec celle des photographes JH ENGSTRÖM & Margot WALLARD, respectivement suédois et française, qui se sont rencontrés en 2008 et dont les visiteurs peuvent voir Foreign Affair édité en 2011, au Japon !

Hideka Tonomura, Mama Love, 2007© Hideka Tonomura, courtesy Zen Foto Gallery, Tokyo

Enfin, parmi les photographes japonais exposés en Face B, il y a Hideka TONOMURA à travers Mama Love, une autre histoire d’amour qui cette fois concerne l’amour que porte la photographe pour sa mère.  Là aussi, Mama Love est la première œuvre publiée de l’artiste, en 2008. Très intime, troublant et à la fois documentaire, l’artiste n’a pas hésité à être témoin de la vie sexuelle de sa mère avec son amant. Ce qui a frappé la photographe, c’est le regard que lui adresse sa mère qu’elle comprend comme une revanche et une liberté retrouvée car toutes deux ont vécu des années sous l’emprise et la violence du père de la photographe. Résultat, elle noircit l’amant pour que les regards se concentrent sur sa mère. C’est également une complicité mère-fille que présente Mama Love, puisqu’en observant les photos qu’elle a prise, Hideka TONOMURA comprend aussi dans ces regards que sa mère lui adresse que cette dernière l’aime.

  • Lovesody par Motoyuki DAIFU :
De la série « Lovesody », 2008 © Motoyuki Daifu

Motoyuki DAIFU est né en 1985 à Tôkyô  et commence la photographie à l’âge de 19 ans, choisissant sa famille comme sujet. Photographiant le quotidien de ses parents et de ses frères et sœurs chez eux – ils sont 7 dans ce foyer, sans mise en scène, Project Family présente un désordre sans filtre du quotidien de sa famille, contrastant très nettement avec l’idée que nous pourrions nous faire d’une vie de famille au Japon. A la MEP, c’est Lovesody qui est présenté du 30 mars au 16 juin 2022 dans la partie Studio, pour la première fois en France d’ailleurs. C’est une série photographique réalisée lorsqu’en 2008, Motoyuki DAIFU tombe amoureux d’une de ses collègues, une femme enceinte et mère célibataire d’un enfant de 2 ans. Dans la société japonaise, ces mères célibataires sont généralement mises de côté, ne représentant pas un idéal amoureux. Mais l’amour ne se décide pas, et le photographe fait de leur relation amoureuse son sujet de photographie. Bien que cette histoire n’ait duré que 6 mois, celle-ci demeure importante pour le photographe et de cette relation reste cette série de photographies. Lovesody, est un mot bien trouvé, créé à partir de « love » et « rhapsody ». Dans une interview datant d’il y a 5 ans pour Vice (en anglais), Motoyuki DAIFU explique que ce terme signifie dans son esprit « une forme libre d’amour », se prêtant parfaitement au thème de Love Songs.   Après Lovesody, les visiteurs pourront découvrir Another Love Story de Karla HIRALDO VOLEAU au Studio de la MEP, du 17 juin au 21 août 2022.

  • Love Songs du 30 mars au 21 août 2022 + Lovesody de Motoyuki DAIFU du 30 mars au 16 juin 2022, à Maison Européenne de la Photographie, 5/7 rue de Fourcy 75004 Paris. Fermé les lundis et mardis. 10€ en plein tarif. Le catalogue de l’exposition Love Songs, incluant Lovesody et Another Love Story sera en vente à 45€.

Photo principale : RongRong&inri, Personal letters, 2000 © RongRong&inri

Une réflexion sur “Love Songs célèbre l’Amour à travers la photographie à la MEP

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.